Anne Laure à Saint-Imier

Exposition du 23 avril au 28 juin 2010
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VERNISSAGE











Texte de Pamela Orval, lu le soir du vernissage

« La poésie est le chemin le plus court d’une sensibilité à une autre. »
André Beucler


Il y a des prairies sauvages où le vent ensemence toutes sortes de fleurs ; les œuvres d’Anne Laure ressemblent à ces prairies-là, elles sont le fruit de rencontres entre des personnes différentes, des horizons divers et plusieurs genres artistiques. Il s’agit vraiment d’un bouquet de liens et de moments de partage.

Mouvances
Emouvantes
Soyeuses et blanches
Du ciel
Vous avez emporté
Un petit bout d’Infini
L’écume d’un rêve
La part des anges.

Troublantes
Danses
Souples et graciles
Des forêts
Vous avez gardé le souffle pur du vent
Son ballet musical dans les branches
L’éclat de la lune sur les ailes des feuillées.

Désirantes
Existences
De la terre
Bien en dessous des marbrures de l’eau
Vous avez ramené ce grain de sable
Folie du temps qui roule
Joyau d’amour
Celui-la même que je vois briller dans vos yeux
Et qui vous rend la vie si précieuse.

Dans l’eau du temps
Qui égraine les peurs
Se glisse d’Ici
Se faufile l’Ailleurs
Comme une sensation secrète
Cousue
Muette.

Dans l’air du temps
Qui caresse les pleurs
Se profile l’espoir
Se découpe l’histoire
Rêvée
Faite
Et refaite
Oui
Non
Oui

Le Monde.


La fleur savait que d’éclore, elle se fanerait
Mais sous elle, un rythme, venu des entrailles de la terre, scandait les désirs.
Vite, vite, lent, vite, vite, lent, passionnément
Elle le suivit.

La fleur savait que d’éclore, elle se fanerait, mais…
Mais il fallait qu’elle donne au jour
Ce que la vie lui avait murmuré
L’éclat des couleurs
Les courbes douces de ses pétales
Le soleil de son calice.

Liberté : c’est le mot amour avec des ailes.

Pamela Orval-Marchant, St-Imier, le 23 avril 2010

LE LIVRE DE L'EXPOSITION

Quelques extraits du livre "Le Jeu de la Vie" sur l'exposition à St-Im








extrait du livre, texte de Michèle Feschotte ( actrice dans le film « le Jeu de la Vie » la lectrice des phrases d'Einstein )

« Je tiens le flot de la rivière comme un violon. » Paul Eluard
Il paraît qu’une œuvre est bonne si les gestes qui la composent ont une valeur d’humanité ! Je regarde vivre Anne Laure depuis quatorze ans et la vois édifier son œuvre, lentement, avec une ligne de force jamais démentie. J’admire la maîtrise avec laquelle elle mêle son travail artistique et son souci des autres sans casser le fil de sa « nécessité intérieure ». Que de domaines abordés, créés dans l’espace silencieux et bienfaisant de l’Atelier du Magnolia : enseignement du dessin, de la peinture, expositions, cours d’histoire de l’Art, films vidéos, installations, performances et festivals et j’en oublie sûrement !

Son travail personnel – ses tableaux – nous donne une sensation de liberté et de rêve, mais quelle énergie il faut déployer pour transformer ses désirs en réalités en les prenant à bras-le-corps ; pour oser concevoir du nouveau en surmontant ses doutes et son découragement. Faire le silence en soi, en écartant les sollicitations extérieures et l’agitation ambiante. Et au plus fort de cette lutte avec l’indicible, elle sait encore se retourner, pour nous sourire et nous encourager. Alors oui, je dis que son œuvre est bonne car elle est juste, porteuse d’avenir, poétique dans sa lumière et ses couleurs. Ce qu’elle fait est en harmonie avec ce qu’elle est. De son cœur s’élève un chant d’amour pour le monde.

Anne Laure a détesté « l’école contre la vie ». C’est un être libre. Elle s’est révoltée contre la sélection, les jugements, l’étroitesse des spécialisations : elle rêverait d’unir tous les arts au sein d’une même école, où chacun passerait librement de l’un à l’autre. On se retrouve en Grèce antique, quand Pythagore voulait unifier les diverses formes de connaissances : on y dansait peut-être « le Jeu de la Vie », titre du film vidéo en noir et blanc qu’elle a tourné avec ses amis marchant lentement dans une forêt, « Une foule sentimentale en quête d’idéal ». Une douceur d’être et de n’être pas, comme s’ils étaient en suspension entre ici et ailleurs. Une invitation à trouver sa place sur le grand damier du Jeu d’Echecs, qui deviendrait alors le « Jeu des Victoires » : victoire sur l’absurde et le déterminé. « Circulation des sèves inouïes » entre échange et don. Comme un écho des premières impressions africaines d’Anne Laure : l’orage éclatant sur la forêt, l’odeur de la terre et des chants d’oiseaux…

« Tes pas, enfants de mon silence … Personnes pures, ombres divines. Qu’ils sont doux, ces pas retenus ! Dieux ! Tous les dons que je devine. Viennent à moi sur ces pieds nus. » Paul Valéry

Ce don particulier d’Anne Laure, d’aimer en nous ce qui nous est encore invisible. C’est ce sentiment de liberté qui rend son amitié si précieuse !
Lausanne, février 2010

TOILES...

extrait de l'exposition



INSTALLATION AUTOUR DU CENTRE





COURT-METRAGE " LE JEU DE LA VIE "














INSTALLATION A LA CABANE DES BUCHERONS

Extrait de l'installation


















PERFORMANCE LE 29 MAI 2010